Par Jacques Gautron

La plupart des Français, un tant soit peu conscients de la situation ca­tastrophique de la Fran­ce, s’accordent à reconnaître que la politique d’assistanat, non seulement plombe les finances de l’État, mais fonde son œuvre sur deux plans maléfiques : elle déresponsabilise les individus et bloque la croissance.

La politique d’assistanat déres­ponsabilise en donnant l’impression sournoise que l’État saura, en toutes circonstances, fournir les ressources minimum qui permettront à celui qui ne produit rien, ou n’a rien produit, d’avoir au moins un toit et de quoi se nourrir – les autres sont fonctionnaires, donc protégés.

Certains calculs montrent que, parfois, celui qui touche ces allocations n’a pas avantage à travailler.

La politique d’assistanat bloque la croissance.
La première étape de mise en place de l’État-providence a été la création du salaire minimum. Il est, en effet, évident que le salaire minimum empêche que des emplois non qualifiés soient offerts. Tant que la valeur du travail fourni est plus faible que le salaire minimum proposé, le chômage progresse. Les emplois non qualifiés restent vacants ou occupés par des travailleurs clandestins qui ne cotisent pas, tout en bénéficiant parfois de certaines allocations.

On tourne donc en rond sans espoir d’en sortir. Les personnes non qualifiées sont au chômage, elles touchent des allocations, elles ne sont pas motivées à accepter des emplois, pourtant payés au-dessus de ce qu’ils rapportent. Pendant ce temps, l’employeur paie des cotisations pour que le chômeur puisse rester dans cette situation, alors que, dans le même temps, sa productivité est amputée parce qu’il ne peut trouver à remplir les fonctions non qualifiées dont il a besoin.

Mais, surtout, la politique d’assistanat creuse la dette, puisqu’elle coûte très cher non seulement du fait des sommes versées, mais aussi par toute l’administration, qui essaie tant bien que mal de faire un travail complexe, tout en prêtant le moins possible le flanc aux risques de tricheries.
Cette situation est de plus en plus intenable, alors qu’une solution simple existe : l’allocation universelle, défendue par un ami libéral responsable de la veille programmatique pour Al­ternative Libérale (Alain Cohen Dumouchel).
Pour faire court et simple, voici ce qu’est cette allocation universelle. C’est le résultat d’un calcul très facile à faire, sans doute trop évident pour nos énarques.

Lors de la mise en place du système, il faut connaître le coût de l’ensemble des allocations versées. Ce total divisé par le nombre d’individus de nationalité française, les enfants à charge comptant chacun pour deux (puisqu’ils ont une demi-part), représente un montant qu’il suffit de partager en douze mensualités pour le verser automatiquement à chaque individu, quelle que soit sa situation de travail ou de richesse.
C’est l’argent de l’État, donc no­tre argent, chacun y a droit.

Les avantages sont multiples : gestion excessivement simple, égalité parfaite entre tous les individus (ça devrait plaire aux socialistes !), absence de sentiment de faiblesse pour ceux qui n’ont provisoirement que ça pour vivre, puisque tous les Français en bénéficient.
Avec un tel système, fini le reproche de profiter des aides pour ne pas travailler !

L’auteur de ce projet a fait un calcul simple, qui montre qu’aujourd’hui, cela permettrait de verser entre 500 et 600 euros à chaque individu, plus entre 250 et 300 euros par enfant à charge, pour arriver à un montant total qui ne dépasserait pas ce qui est versé actuellement pour les prestations remplacées par cette allocation universelle.

Le bénéfice pour l’État réside dans l’économie de moyens pour gérer le système. On distribue à une population connue un versement mensuel qui ne peut fluctuer qu’en fonction de la démographie et de la croissance. N’oublions pas que la croissance demeure le résultat de la productivité des Français au travail, donc plus ils seront nombreux à produire, plus l’allocation sera importante.

Un dernier point essentiel : la responsabilité du calcul fait chaque année doit être totalement exclue de la compétence des politiques pour éviter que, dans l’avenir, des prestations supplémentaires ou une enveloppe plus importante devienne un enjeu électoral, comme c’est le cas aujourd’hui.

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