Par Jean-René LAGET, Directeur des publications

Chez les héritiers les plus directs de l’Union pour la Démocratie Française (UDF) de l’ancien Président de la République Valéry GISCARD d’ESTAING, une chose est sûre : on se cherche une identité fédératrice. 

A plus forte raison quand un candidat d’Extrême Centre, Emmanuel MACRON et son mouvement « En Marche ! » viennent faire un hold-up sur vos idées et sur l’une de vos seules occasions de regagner le chemin de l’Elysée et quand votre cousin ennemi MoDem de François BAYROU a, une fois n’est pas coutume, réussi à se placer et jouer un rôle politique après l’échec (cependant relatif) de 2007 et avec lequel vous aviez tenté une éphémère réunion au sein de l’Alternative (5 Novembre 2013 – 25 Mai 2014) lors des élections européennes. 

Après une très bancale « ARES » (Alliance Républicaine Ecologiste et Sociale) pilotée par le Parti Radical et le Nouveau Centre du 26 Juin 2011 au 18 Septembre 2012, échouant à départager Jean-Louis BORLOO et Hervé MORIN pour une candidature centriste unique avant de laisser le patron du Nouveau Centre aller s’échouer sur les récifs « du débarquement », l’UDI, Union des Démocrates et Indépendants née le 18 Septembre 2012 pour le meilleur (longévité globale déjà équivalente à la mandature présidentielle, ce qui est exceptionnel pour une confédération de chapelles centristes) et le pire (diverses amputations dans la douleur) pourrait être remplacée sous peu par « l’UDRL », « l’Union des Démocrates, Radicaux et Libéraux ».  

Une déclaration de fondation à la Préfecture de Police de Paris / Ile de France le 6 Avril 2017 (donc en plein premier tour de la Présidentielle) qui trouverait sa domiciliation au siège parisien de l’UDI, 22 Bis Rue des Volontaires mais surtout une appellation manuscrite (donc sans logo) déposée au service marques de l’INPI par un certain… Jean-Christophe LAGARDE, Député-Maire de Drancy mais surtout patron de FED (Force Européenne Démocrate), composante de l’UDI qu’il préside et qui est plus fragilisée que jamais avec seulement 5 partis composantes, dont son parti donc, dont les Centristes d’Hervé MORIN (en remplacement du Nouveau Centre) et qui avait déjà menacé de claquer la porte à sa fondation le 11 Décembre 2016 si ce dernier ne gagnait pas plus de liberté au sein de la confédération et si le candidat vainqueur de la Primaire de la Droite et du Centre, François FILLON, n’était pas soutenu par le parti.  

Dont également un Parti Radical qui regarde de plus en plus vers En Marche ! (Jean-Louis BORLOO, Serge LEPELTIER…) et deux petites formations moins connues du grand public : La Gauche Moderne de Jean-Marie BOCKEL (dont la « réserve protégée » se trouve essentiellement sur Mulhouse) et le très discret France Ecologie d’Isabelle JACONO, désormais carrément domicilié au siège de l’UDI. 

UDRL: rabibocher et voir plus large et plus loin :  

Ce nom d’Union des Démocrates, Radicaux et Libéraux maintient l’idée majeure de l’UDI mais vise sans doute à vouloir recoller des morceaux perdus les uns après les autres jusqu’à  »l’incendie Macron » 

CNIP (Centre National des Indépendants et Paysans), adhérant le 19 Septembre 2012 et exclu le 10 Septembre 2013 à cause de dérapages verbaux anti-Roms prêtés à son Président de l’époque, le Député-Maire de Cholet Gilles BOURDOULEIX, dont la condamnation a été annulée en Cassation le Mardi 15 Décembre 2015, parti depuis tiraillé entre les alliances avec LR ou le FN, en passant par la « Droite hors les murs » incarnée par des figures locales telles que Robert MENARD ou des rénégats du RBM tels que Karim OUCHIKH et le SIEL, 

PLD (Parti Libéral Démocrate) présidé par Aurélien VERON, qui a adhéré le 15 Janvier 2013 et qui a claqué la porte le 9 Octobre 2013 après des menaces d’exclusions de candidats parisiens pour les Municipales de 2014 au profit de ceux choisis par NKM et bien d’autres raisons, parti désormais tourné vers l’alliance avec « La France qui ose », la plateforme politique de Rama YADE, elle même exclue du Parti Radical (d’abord le 29 Octobre 2015 puis définitivement le 18 Mars 2016) et donc de l’UDI, 

TeM (Territoires en Mouvement) présidé par Jean-Christophe FROMANTIN, adhérent des premières heures le 18 Septembre 2012 et qui a claqué la porte le 6 Décembre 2015 pour devenir « 577 pour la France » le 16 Février 2016 et truster lors de la Présidentielle de François FILLON la place de la formation centriste et de la société civile tant l’UDI était… quasi invisible, 

et enfin AC (Alliance Centriste) présidé par Jean ARTHUIS, lui aussi adhérent des premières heures le 18 Septembre 2012, exclu le 25 Mars 2017 pour son soutien à Emmanuel MACRON, 

et prendre bien évidemment la relève au Centre en cas d’échec du leader d’En Marche !, soit face à Marine LE PEN (donc dans le cadre des Législatives) ou après une mandature présidentielle calamiteuse alors que Les Républicains (LR) sont eux même à deux doigts d’un divorce… à trois grands courants.  

UDRL : voler de ses propres ailes… bien obligé :  

Il se murmure également au siège du plus grand parti de Droite que l’ancien Président de la République Nicolas SARKOZY ne désire pas revenir en Politique mais est à la manœuvre pour remettre tout en place de A jusqu’à Z , dont Laurent WAUQUIEZ à la tête du parti, d’abord en intérim (Mai – Septembre) puis pour 5 ans. 

François BAROIN n’étant finalement qu’un épiphénomène devant durer uniquement pour les Législatives avant de repartir dans l’ombre suite à une cuisante défaite : toujours dans les murmures, LR sait qu’il n’y a aucun espoir de gagner les élections en Juin et espérerait sauver les meubles « avec 180 députés » mais les plus pessimistes tablent plutôt « sur 140 »… sur 577 et contre 196 en Juin 2012. 

L’ancien homme fort de Neuilly puis de l’UMP aurait deux certitudes : François FILLON aurait raison concernant la stratégie d’encore plus droitiser le parti que lui en 2012 pour mieux combattre le FN en lui résistant fortement dans un premier temps (ce qu’a fait le Député de Paris même en pleine tourmente des affaires, à seulement 1,29% de la qualification) et de se débarrasser des « ventres mous » du Centre, qu’ils soient en interne comme parmi les alliés (ce qui expliquerait aussi pourquoi soudainement 577 pour la France a revendiqué également la Droite AVANT le Centre alors que son positionnement devait être initialement « Centre Droit – Société Civile »), ce qui voudrait dire aussi  »exit l’UDI, UDRL ou autre » et aurait aussi raison dans son idée… de « tout casser ».   

« Tout casser »… y compris le parti, qui serait « mal né » et dont le nom comme le logo ne suscitent vraiment pas l’engouement populaire et qui fait que de plus en plus de gens regrettent « l’époque du RPR »

Est-ce que cela suffira t-il aux uns comme aux autres pour espérer revenir lors des élections intermédiaires et pour la Présidentielle de 2022 ?  

Wait and see…

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