Par Bernard Trémeau

source : Les 4 Vérités Hebdo

Mercredi 24 août, notre Premier mi­nistre a longuement détaillé le plan que le gouvernement français devait mettre en œuvre pour ramener, fin 2012, la dette de la France au niveau décidé avec le gouvernement allemand : 3 % du PIB.

Il faudra trouver 1 milliard d’euros en 2011 et 11 milliards en 2012. On devra donc réduire les dépenses ou augmenter les impôts.
Or, la situation actuelle de la France et de l’Europe est loin d’être bonne :

– Le chômage en France a augmenté, ce deuxième trimestre, de 1,3 %, tout particulièrement le chômage des jeunes.
– La croissance de l’économie française s’est encore ralentie. Notre gouvernement annonce une croissance de 1,75 % de notre PIB (notre richesse à tous) en 2011 au lieu des 2 % prévus.
– Pour que le chômage régresse en France, il est nécessaire que la progression du PIB soit supérieure à 3 %…
– Depuis des semaines, les marchés spéculent contre l’euro et veulent sa mort.

Dans de telles conditions, réduire le déficit du budget de l’État relève de la quadrature du cercle.
On peut augmenter les impôts, et c’est le choix qui est fait le plus souvent.

On peut augmenter les impôts des consommateurs. Si on augmente, par exemple, la TVA, on réduit, dans un premier temps, le pouvoir d’achat de ceux à qui l’on prend de d’argent. Ils consommeront moins.

On peut aussi augmenter les impôts des entreprises qui sont exposées à la concurrence internationale : elles seront encore moins compétitives.

Dans les deux cas, le chômage va augmenter. 
Les Français dépenseront moins. De plus, ils auront peur du chômage et mettront un peu plus d’argent de côté. Ils consommeront en­core moins et le chômage augmentera un peu plus.

On peut encore « raboter » les niches fiscales. Il y en a des centaines. Mais, en agissant ainsi, on réduit l’aide qu’apportent spontanément à l’État ceux qui en profitent. Nos monuments historiques seront, par exemple, moins bien entretenus.
On peut enfin augmenter les impôts des riches, ce qui plaît beaucoup à l’opinion publique.

Mais les entreprises « riches » fuient la France et vont en toute légalité faire leurs bénéfices ailleurs, comme Renault ou Peugeot. Les investisseurs, source de richesse et d’emplois, fuient la France.
Les particuliers « riches » fuient aussi en toute légalité la France et trouvent au Luxembourg, en Suisse ou à Monaco des en­droits qui leur permettent de vivre mieux qu’en France.
Autre solution : diminuer les dépenses.

On peut réduire le nombre des fonctionnaires, les faire travailler plus en les payant plus. Les syndicats s’opposent avec vigueur à ce type de comportement. Et les communautés de communes ou les régions, en cours de création, sont obligées d’embaucher de très nombreux fonctionnaires locaux.
Par ailleurs, on manque de policiers dans certains quartiers.

On peut diminuer les revenus des ministres ou des élus. Ce type de proposition est très à la mode. Mais les économies ainsi réalisées sont marginales et ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’immense fleuve des dépenses.
On peut réduire encore un peu plus la progression des revenus des médecins ou des enseignants. Mais on ne trouve plus de médecins et l’on manque d’enseignants dans des secteurs de plus en plus nombreux.

On peut réduire certaines dé­penses sociales : augmenter l’âge de la retraite, réduire les remboursements de la Sécurité sociale, supprimer les allocations données à des personnes ayant une double nationalité…

Notre Premier ministre a longuement détaillé toutes les mesures que le gouvernement français avait l’intention de mettre en place.
Il a aussi annoncé une harmonisation des fiscalités des pays qui sont unis dans la zone euro, ce qui est une excellente mesure. Mais combien de temps faudra-t-il pour que les 17 pays donnent leur accord. ? Deux ans, dix ans, ou un siècle ?

Il a enfin annoncé vouloir inscrire dans la constitution française l’interdiction de faire des dettes, mais cette loi ne sera pas votée…
Le jeudi 25 août, le CAC 40 reprenait un peu de vigueur. Mais le vendredi 26 août, le cours des obligations grecques plongeait à nouveau.
La spéculation contre l’euro n’a pas cessé…

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4 Comments

  1. Gregory dit :

    Une info:
    En Irlande, l’investissement en R&D augmente, les entreprises high-tech embauchent
    http://www.infodsi.com/articles/122649/irlande-investissement-augmente-entreprises-high-tech-embauchent.html?key=eafc1ca2d34796eb
    et la source emanant de l’ambassade de France:
    http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67540.htm

  2. Mauvaisefoi dit :

    Quelle vision à court terme!
    Reprenons : on peut augmenter la TVA (sachant que la TVA couvre déjà 44% des recettes de l’État, et que les recettes de l’État ne se limitent pas aux seuls impôts comme sous-tendu dans le deuxième paragraphe).
    La TVA est directement proportionnelle à ce que vous consommez, sachant qu’ils existent des tarifications pour les produits de première nécessité (regardez vos factures EDF par exemple) pour ceux aux plus bas revenus, car généralement on n’échappe pas à la nécessité de l’eau ou de l’énergie, ni à celle du logement minimum ou des achats de nourriture, d’entretien et d’habillement.
    Remarquez que la part du nécessaire est extrêmement faible ou couverte par l’État, que celle du besoin est la majeure pour les français les moins riches et que celle du superflu est majeure chez tous les autres. Est riche celui qui dépense beaucoup!
    Augmenter la TVA va donc réduire de manière proportionnelle le pouvoir d’achat de tous les français, ceux au SMIC ou en deçà étant d’abord les plus touchés. Sauf si …
    concomitant à l’augmentation de la TVA se fait une hausse du SMIC (le salaire des autres dépendra de leur rareté sur le marché, mais le chômage plaçant de nombreuses compétences sur le marché, les autres seront moins rare qu’avant le chômage). Sauf si …
    Le chômage baisse. Pourquoi baisserait-il? Parce qu’une hausse de la TVA permettrait de remplacer TOUS les autres impôts non équitablement répartis par nature car d’ajustement. Le rapport? Plus de charge pour les entreprises donc des entreprises plus riches, donc plus d’entrepreneurs parmi la population, plus de création d’emploi (baisse du chômage) et plus de concurrence (baisse des prix). Moins de chômage égale moins d’impôts de solidarité, donc baisse de la TVA (baisse des prix bis). Augmentation du pouvoir d’achat. De plus les produits étant irrémédiablement moins chers quand ils sont produits à l’étranger (difficile de lutter contre du 2€/journée), les français se retrouvant plus riches, ils profiteront d’autant plus des efforts de leurs voisins (vu que le moins cher gagne…). A noter que la concurrence déloyale vis à vis de la production intérieure sera également soumise à la TVA, peut-être à une TVA à plus fort taux… Ce serait intelligent.

    Cependant n’oublions pas que la fraude en tout genre, si elle était intelligemment combattu, sa mort ferait déjà de grands miracles. Pour l’instant un remboursement sans peine supplémentaire est quasiment la règle. Affligeant. Par là même, insolvable devrait devenir remboursement au long terme et baisse du niveau de vie, avec liberté de choix du métier le plus rentable plutôt que d’emprisonner (des personnes non dangereuses et qui vont encore plus nous coûter). Moins de prisons, plus de travailleurs pour l’État en fonction de leur fraude, moins de dépense, moins de TVA, plus de richesse. Au pire si on n’en choppe qu’un sur dix, déjà qu’on embauche plus de policiers et de juges ou de greffiers, ensuite qu’on fasse payer à celui là ce que les 10 auraient du payer. Le jeu n’en vaudra plus la chandelle, moins de criminalité « gratuite », plus de gens dans le rang (c’est sûr que sans s’être foulé à l’école il est plus facile de tomber dans le banditisme, celui-ci rapportant bien plus que les métiers de premier niveau, tout ceci est une histoire de risque). Bref moins de criminalité => plus de richesse.
    Amen

  3. ZITA17 dit :

    Combattons avec énergie sans complexe toute la fraude qui existe, notamment le travail au noir. Que celui qui travaille et l’employeur soient fermement sanctionnés. Pour les achats importants, qu’il soit fixé un plafond de paiement en espèces à 200 €. par exemple, ce qui permettrait en contrôle. J’ai vu récemment, dans une grande surface, une personne qui payait + de 800 € en espèces et pas gênée de sortir sa liasse confortable.

  4. michel43 dit :

    la FRAUDE,,,mais qui a VRAIMENT frauder,,,sur le dos des contribuables
    les politiciens de TOUT bords,
    alors ouvrez les yeux et arrêter de chercher,,,,
    qui a ruiner le pays,
    1700 milliards d »euros de dette et SURTOUT plus de 56 milliards d »euros d’intérêts,,,
    pensez a ce que nous pourrions faire,si c »est politiciens avait gérer le pays,comme nous on gère nos petites entreprises
    ou est passer le magot des frégates ? sûrement 45 millions d »euros,
    et la niche copé,,,,,,
    la fraude est partout,et tout le monde la connaît,
    les fausses cartes vital,les faux papiers en tout genres pour toucher des droits,dette social,136 milliards,,qui ose en parler
    le cout des guerres de notre président,,,un millions pars jours,15 millions pour refaire l’elysée,,,
    les deux mamelles de la FRANCE
    gaspillages,et magouilles,,,
    posez vous cette question,
    que ferait un chef d »entreprise du priver pour redresser le pays,,,,

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